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L’hypertension artérielle (HTA) est une maladie potentiellement grave par ses conséquences sur le système cardiovasculaire, principalement lorsqu’elle n’est pas traitée correctement. Entre 8 et 10 millions de personnes sont traitées actuellement en France pour HTA. Cependant les estimations indiquent que près de 20% des hypertendus ne sont pas encore diagnostiqués. Ceci est d’autant plus dommageable que le diagnostic est facile à réaliser, car une simple prise de tension artérielle suffit pour faire le diagnostic. Cependant il convient de respecter des règles strictes afin d’éviter les faux positifs toujours possibles. Ainsi la tension doit être prise : - sur une personne allongée ou assise, - après un repos de 5 minutes minimum, - en plaçant le brassard à la hauteur du coeur, - à au moins deux reprises, espacées de plusieurs minutes, - aux deux bras (il peut arriver qu’un bras indique une HTA alors que la tension est normale à l’autre bras). De plus, on ne peut parler de HTA que si la tension est retrouvée trop élevée à trois consultations successives sur une période de 3 mois. Reste à définir maintenant quand une tension est considérée comme trop élevée…   Selon l’OMS, il est possible de parler de HTA lorsque le chiffre de la maxima (systole) est supérieur à 140 mm de Hg (millimètres de mercure - unité de mesure de la pression) et celui de la minima (diastole) à 90 mm de Hg.


Hypertension et émotivité 

Les personnes émotives présentent bien souvent des hypertensions labiles dues simplement au fait qu’elles viennent consulter un médecin. C’est ce que l’on appelle le syndrome de la «blouse blanche». Dans ce cas, il faut avoir recours à des prises de tension en dehors d’un cabinet médical, ou à l’auto-mesure avec des appareils vendus en pharmacie. Quoiqu’il en soit, en cas de doute sur une HTA, il faudra recourir à une mesure ambulatoire de la pression sanguine (MAPA) qui analyse la tension régulièrement pendant 24 heures.

Mais dans les faits, les causes d’erreur (en plus ou moins) lors du diagnostic de l’HTA sont nombreuses.

Déjà en 1994, le journal médical AIM tire d’ailleurs le signal d’alarme. Il indique que d’un côté, 20 % des hypertendus ne sont pas diagnostiqués… et de l’autre, qu’entre 25 et 40 % des hypertendus traités n’en seraient pas !!! C’est-à-dire que toutes ces personnes seraient traitées pour rien ! Les causes d’erreur viennent surtout d’une mauvaise prise de tension : tension prise après un repas, après un café, après une cigarette, manque du temps de repos avant la prise de tension, taille du brassard inadéquate, tension prise au coude, tensiomètre non placé à la hauteur du coeur, absence de vérification à trois reprises, tensiomètre mal étalonné… 

 

Chercher la cause

La prise de tension est un acte habituel chez le médecin, parce qu’une HTA demeure très souvent silencieuse. C’est bien souvent ce simple examen qui permet de la diagnostiquer. Quelquefois, des symptômes peuvent apparaître. Ils sont souvent évocateurs de l’HTA : maux de tête, vertiges, saignements de nez, mouches volantes devant les yeux, envies fréquentes d’uriner, oppression, fatigue, crampes… Devant une HTA, le médecin commence par en rechercher la cause : coarctation (rétrécissement) de l’aorte, syndrome de Cushing (excès de cortisol), syndrome de Conn (excès d’aldostérone) et phéochromocytome (problème d’adrénaline et de noradrénaline) sont les causes classiques. Mais dans 90 à 95% des cas, l’HTA est dite « essentielle » ou idiopathique, c’est-à-dire qu’aucune cause n’est retrouvée, si ce n’est l’âge. Car l’HTA est beaucoup plus fréquente avec le vieillissement. C’est ainsi que 75% des personnes de plus 80 ans sont hypertendues...

Un point sur l’hypertension artérielle

Par le docteur Luc Bodin

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Enquêtes de santé - Numéro 1 - Juin 2010