Réformes et effets mesurés sur le terrain français
Dès 2009, la création des Maisons de Santé Pluriprofessionnelles a été une réponse phare à la désertification médicale, phénomène aujourd’hui majeur. En 2023, la France comptait plus de 2 100 maisons de santé contre seulement 174 en 2010 (source : Ministère de la Santé). Ces structures favorisent le travail d’équipe, la permanence des soins et la gestion coordonnée des patients – un levier d’attractivité notoire pour de jeunes praticiens souvent réticents à la pratique isolée.
Les CPTS, créées avec la loi « Ma santé 2022 », rassemblent médecins, infirmiers, pharmaciens, professionnels sociaux autour de projets de santé locale : 870 CPTS étaient en activité en 2023, couvrant plus de 60 % de la population française selon la Caisse nationale de l’Assurance Maladie.
Par ailleurs, la télémédecine – promue en particulier depuis la crise Covid-19 – s’est imposée comme une réponse partielle à la problématique d’accès, avec 2 millions de téléconsultations mensuelles en 2022 (Drees). Néanmoins, cette solution ne résout ni la question du suivi, ni celle des soins non programmés, rappelant la nécessité d’une présence humaine qualifiée.
Sur le plan du financement, l’Assurance Maladie a multiplié les rémunérations forfaitaires : 57 % des médecins généralistes bénéficiaient en 2021 d’une part de rémunération indexée à des objectifs de santé publique (indicateurs de prévention, suivi des maladies chroniques), contre 14 % en 2012 (Assurance Maladie).